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IT et Métiers : et si vous jouiez la même partition ?

IT et Métiers : et si vous jouiez la même partition ?

Dans les projets de transformation digitale, il existe un duo incontournable : l’IT et les directions fonctionnelles. Un couple parfois fusionnel, parfois conflictuel… mais toujours décisif pour le succès d’un projet.
D’un côté, l’IT détient les clés : budget, compétences techniques, validation sécurité, intégration dans l’écosystème existant.
De l’autre, les métiers portent la vision opérationnelle : besoins concrets, attentes des utilisateurs, contraintes terrain.
Sur le papier, tout est simple : les métiers expriment, l’IT réalise.
Mais dans les faits, le chemin est rarement linéaire… et parfois, il prend des détours inattendus.

1-L’organisation classique… et ses tensions

Dans la plupart des entreprises, l’IT gère le budget global des projets liés à la transformation digitale : ERP, CRM, SIRH, GED, intranet, outils IA…
Les directions fonctionnelles soumettent leurs besoins, que l’IT évalue et planifie selon sa feuille de route.

Problème : l’IT est souvent sous contrainte.
Les causes sont multiples :

  • Risques de cybersécurité à mitiger avant tout lancement

  • Manque de ressources internes (chefs de projets, architectes, DevOps)

  • Roadmap déjà saturée

  • Arbitrages budgétaires complexes entre plusieurs projets prioritaires

Résultat : certains projets validés par les métiers peuvent être repoussés de plusieurs mois… ou rester indéfiniment au stade d’idée.

2-Quand les métiers prennent des initiatives

Face à ces blocages, certaines directions fonctionnelles ne restent pas les bras croisés. Elles cherchent des solutions hors du circuit officiel IT :

  • Signature directe avec un prestataire sur leur propre budget

  • Lancement d’un POC (proof of concept) sans validation technique

  • Sollicitation de startups prêtes à travailler quasi gratuitement pour afficher un grand compte dans leur portefeuille

Cette démarche peut sembler pragmatique : les métiers avancent, testent, montrent des résultats rapides. Mais elle comporte de véritables risques :

  • Absence de validation sécurité (exposition aux cyberattaques, non-conformité RGPD…)

  • Solutions non intégrables dans le SI existant

  • Multiplication de « silos » technologiques coûteux à long terme

  • Surcoûts imprévus lors du passage à l’échelle

Exemple concret

Eyefiz est intervenu dans un grand groupe industriel où la direction commerciale avait lancé, sur son propre budget, un outil CRM développé par une startup locale.
Le projet a montré des résultats prometteurs… jusqu’au jour où l’IT a été impliquée pour intégrer l’outil au reste du SI.
Résultat :

  • Incompatibilités techniques majeures

  • Risques de sécurité critiques

  • Nécessité de tout reconstruire avec un autre prestataire

Au final, plusieurs mois de retard et un dépassement important de budget.
Le point positif : cette mésaventure a servi de déclencheur pour mettre en place une gouvernance claire entre IT et métiers.

3-Quand c’est l’IT qui cristallise les tensions

La situation inverse existe aussi : des projets métiers validés… mais qui se heurtent à une IT trop rigide ou à un budget initial mal évalué mais porté par l’IT.
Dans ce cas, les métiers peuvent percevoir l’IT comme un garde-fou trop frileux ou, pire, comme un frein à l’innovation.
Cela crée un climat de méfiance qui complique toute collaboration future.

Ce modèle peut-il fonctionner ?

La réponse est oui… à condition de changer de posture.
L’IT et les métiers ne doivent pas fonctionner en client-fournisseur, mais en partenaires stratégiques.

Pour cela, quelques leviers essentiels :

  1. Communication bilatérale

    • Côté métiers : exprimer clairement la vision, les besoins, les contraintes, les gains attendus.

    • Côté IT : partager la roadmap, les contraintes techniques et budgétaires, les risques identifiés.

  2. Gouvernance claire

    • Comités d’arbitrage mêlant métiers et IT

    • Règles de priorisation connues et partagées

    • Validation conjointe des cahiers des charges ou user stories

  3. Visibilité partagée

    • Outils de gestion de portefeuille projet accessibles aux deux parties

    • Suivi transparent des avancées et des retards

  4. Arbitrage co-construit

    • Décisions prises sur des données objectives (coût, valeur métier, risque)

    • Engagement mutuel sur les délais et les budgets

4-Le rôle clé du PMO

Un PMO (Project Management Office) neutre et transversal peut jouer le rôle d’interface apaisante entre IT et métiers :

  • Priorisation des projets selon leur valeur business et leur faisabilité

  • Suivi des engagements et des budgets

  • Alerte précoce en cas de dérive

  • Harmonisation des méthodes et des indicateurs

Chez Eyefiz, nous avons souvent assuré ce rôle, ce qui a permis de désamorcer des tensions et de créer une dynamique constructive entre les parties prenantes.

Notre vision : transformer le rapport de force en partenariat

Notre expérience des deux côtés de la barrière, IT et métiers nous permet de constater que les organisations qui réussissent sont celles qui :

  • Instaurent une confiance réciproque

  • Évitent les décisions unilatérales

  • Partagent une vision commune de la transformation digitale

  • S’appuient sur une gouvernance vivante et non figée

En travaillant à la fois sur la stratégie IT (budgets, choix de prestataires, architecture) et sur l’accompagnement des métiers (cadrage des besoins, suivi des projets), Eyefiz a pu aider ses clients à passer d’une relation parfois tendue… à un partenariat stratégique créateur de valeur.

Un partenariat à construire et entretenir

La transformation digitale n’est pas une suite de projets techniques, c’est un projet d’entreprise.
Elle se gagne à deux voix : l’IT apporte la robustesse, la sécurité et la cohérence du SI, les métiers apportent la vision, le besoin et le terrain.

Quand la communication est fluide, la gouvernance claire et les décisions co-construites, alors le duo IT/métiers cesse d’être un couple en crise… et devient un couple qui réussit.

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